Octobre m'a Tout Pris.
Il y a des mois qui ressemblent à des tornades. On entre dedans sans le savoir. On en sort dévasté mais parfois, on en sort plus libre qu'on ne l'a jamais été. Pour Sarah, 34 ans, ce mois-là s'appelait octobre. Elle n'avait rien vu venir. Pas le licenciement, pas la rupture, pas le courrier du propriétaire qui récupérait l'appartement pour sa fille. Trois semaines pour trouver autre chose, trois semaines pour trouver où dormir, en plein désastre personnel. Emploi, amour, logement… tout, dans l'espace de trente et un jours. "Je me souviens d'un soir en particulier. J'étais par terre dans mon salon à moitié vide avec des cartons partout, des affaires que je ne savais plus si je voulais garder ou jeter. Je pleurais sur quelque chose que je n'arrivais pas à nommer précisément. Pas juste le travail. Pas juste lui. Pas juste l'appartement. Quelque chose de plus grand. Comme si ma vie entière me renvoyait en même temps le même signal : reconstruis. Je n'avais pas envie de reconstruire. J'avais envie que ça s'arrête. Ce qui m'a sortie de ce soir-là, c'est une phrase de ma grand-mère, une femme qui avait traversé des choses beaucoup plus difficiles que moi et qui disait toujours : « Quand la vie te prend quelque chose, pose-toi la question de ce que tu portais qui ne t'appartenait plus. » Sur le coup, j'ai trouvé ça agaçant comme toutes les phrases sages qu'on entend quand on a juste envie qu'on nous fiche la paix. Mais la phrase est restée. Les semaines suivantes ont été épuisantes. Chercher un appartement en urgence quand on est émotionnellement à vif, c'est une expérience à part entière. Envoyer des CV quand on n'a plus la force de se vendre, pareil. Et apprendre à être seule, vraiment seule, sans la présence rassurante de quelqu'un dans l'appartement le soir, c'est quelque chose que personne ne vous prépare à faire. Mais dans ces semaines-là, quelque chose d'inattendu est arrivé. Privée de tous mes repères habituels, j'ai commencé à prendre des décisions d'une façon que je n'avais jamais connue : pour moi. Vraiment pour moi. Pas pour maintenir quelque chose. Pas pour ne pas décevoir. Le nouvel appartement, je l'ai choisi parce qu'il me ressemblait, pas parce qu'il était pratique ou bien situé. C'était un critère que je n'avais jamais utilisé de ma vie. Le poste que j'ai accepté en janvier, c'était dans un domaine que j'avais toujours voulu explorer et que je m'étais dit que ce n'était pas le bon moment. Le bon moment, apparemment, c'était après avoir tout perdu. Et la solitude, cette chose que je redoutais tant, m'a appris quelque chose que trois ans de relation n'avaient pas réussi à m'apprendre : qui j'étais quand personne ne regardait. Aujourd'hui, avec le recul, je repense à octobre différemment, avec une forme de compréhension que j'ai mis du temps à atteindre. Le travail ? Je m'y ennuyais depuis deux ans et je le savais. Ma relation ? J'y restais par peur de la solitude, plus vraiment par amour. L'appartement ? Je n'avais jamais aimé ce quartier. Tout ce qu'octobre m'a pris, j'y tenais par habitude. Pas par choix." Certaines périodes de vie semblent n'avoir aucun sens sur le moment. Et pourtant, elles portent en elles quelque chose d'essentiel : une direction, un signal, une invitation à regarder enfin ce qu'on évitait. Si vous traversez une de ces tornades et que vous cherchez à en comprendre le sens, nos voyants peuvent vous aider au 01 44 88 54 54 à y voir plus clair et à avancer avec un peu moins de brume devant vous.